CARAVANALYSE - Jean-Guy Ubiergo
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CARAVANALYSE
« CARAVANALYSE »

Ce travail est d’abord une volonté de confrontation aux grands espaces. Il se construit autour de la perception que l’objet n’est rien sans l’espace qui le révèle, comme ces caravanes saisies au bout du monde dans une précarité d’ancrage et une succession d’affrontements silencieux… « Caravanes, pourquoi de si grands espaces ? ». Ces caravanes sont là pour nous signifier, comme un parcours, comme une errance. Inscrites dans des réalités de vie, elles interrogent nos propres repères dans une incitation à une recomposition du connu…Elles sont en ce sens la représentation de cette frontière entre intériorité et extériorité, dedans et dehors. Elles deviennent alors cet espace intermédiaire lui-même, et tentent de réconcilier l’intimité avec les lieux du monde et, singulièrement, le « lieu d’être ».
Caravanes de l’errance ou « caravanalyse », parcours et combat à la fois, vidange et régénération, provocation jubilatoire donnée à soimême comme une improvisation d’acteur. « Se perdre pour se sauver » disait Michaux, c’est sûrement vouloir se lier au monde… Les éléments du paysage articulent aussi cette échappée en devenant les composants d’une réalité humaine. Ainsi ces lieux hors des repères policés ouvrent et mettent à nu notre relation à la structure sociale et obligent à la formulation et à l’autonomie du langage personnel : d’où parles-tu, que réponds-tu, qu’as-tu à dire ?
C’est précisément cette « mise à nu » qui est intéressante, cette forme de recomposition du temps et de l’espace, car elle nous désencombre des références trop souvent attachées à la lecture du paysage. L’absence momentanée de toute codification creuse une intimité plus profonde avec soi-même. C’est alors à soi de trouver son identification, à soi qu’appartient la limite, à soi qu’appartiennent ces repères…. Peut être ici plus qu’ailleurs où rien n’est contenu, je sens paradoxalement une intériorité plus forte qui ouvre à la relation et à l’extériorité, une forme de dérision aussi… un moi lié au monde audelà des structures du miroir… Septembre 2002